Journée de dissémination du projet DIRASA

15/01/2026 12:00 am

ISBM- Université de Monastir

http://dirasa.eu/evenement/evenement-local-de-dissemination-projet-dirasa/

Introduction

La session de dissémination du projet Erasmus+ DIRASA, tenue à l’Institut Supérieur de Biotechnologie de l’Université de monastir le 15 janvier 2026, a constitué un moment fort de réflexion et de débat autour de la recherche scientifique en Tunisie, de ses limites actuelles et de ses perspectives d’évolution. Cette rencontre a réuni des responsables universitaires, des enseignants-chercheurs et des doctorants, dans un esprit d’échange ouvert, constructif et critique.

Programme Note conceptuelle et Ordre du jour

Présentations réalisées

  1. Présentation générale du projet DIRASA : objectifs, partenaires, durée Par Pr. Mohamed HACHANA
  2. Principaux résultats et réalisations par l’Ing Zied ROMDHANE

Évaluation de l’événement

Participants

  • Président de l’Université de Monastir, le Professeur Kamel CHARRADA,
  • Vice-Président, le Professeur Sami YOUSSEF,
  • Pr Hedi BEL HADJ SALAH coordinateur du projet DIRASA à l’échelle de l’Université de Monastir,
  • L’équipe impliquée dans le projet DIRASA,
  • Enseignants-chercheurs, professeurs e Etudiants doctorants de l’Université de Monastir.

Nombre total de participants : 30

Activités et Discussions Réalisées
La table ronde qui a suivi les présentations a donné lieu à des discussions approfondies et parfois critiques. Le coordinateur du projet a souligné un point important concernant l’effort considérable déployé par l’équipe de l’Université de Monastir pour le recueil des informations ayant servi à l’élaboration du rapport sur l’état des lieux de la recherche en Tunisie, mission qui a été confiée à l’établissement dans le cadre du projet. Il a rappelé que l’alimentation en informations n’a pas été une tâche aisée, en raison notamment de la dispersion des données et du manque de centralisation.
Malgré ces difficultés, ce document constitue le premier recueil structuré de l’état des lieux de la recherche en Tunisie, représentant ainsi une base de travail essentielle et un point de départ pour des analyses plus approfondies à l’avenir.
Les participants ont ensuite largement débattu des limites du travail réalisé dans le cadre du projet DIRASA, des difficultés rencontrées et de la question centrale de savoir si ce projet a réellement apporté des solutions concrètes aux problématiques de la recherche scientifique en Tunisie. Il a été souligné que, malgré certains apports indéniables, le travail effectué reste une première analyse, encore peu approfondie et incomplète, et qu’il ne répond pas pleinement aux questions et aux défis
actuels de la recherche.

Une intervention a notamment critiqué le choix d’adopter un modèle européen déjà mature, ayant franchi plusieurs étapes et surmonté de nombreuses barrières, et de tenter de le transposer au contexte tunisien. Selon cette analyse, comparer un modèle opérationnel et fiable, développé dans un environnement européen, à une réalité nationale marquée par des contraintes structurelles importantes demeure une approche limitée et parfois inadéquate.

Par ailleurs, une enseignante-chercheure a mis en avant la qualité du travail scientifique mené par les chercheurs tunisiens et leurs efforts constants pour s’aligner sur les standards internationaux.
Toutefois, elle a insisté sur le fait que le principal problème réside dans la valorisation des résultats de la recherche. Le blocage persiste, l’économie nationale n’étant pas encore prête à absorber les productions scientifiques, tandis que le tissu économique reste largement déconnecté du monde de la recherche.

Cette réalité a été confirmée par plusieurs interventions soulignant l’absence d’une véritable politique nationale de valorisation économique de la recherche. Dans ce contexte, de nombreux résultats scientifiques tunisiens finissent par être exploités et valorisés à l’étranger plutôt qu’au niveau national. Les professeurs présents ont également insisté sur l’absence d’un maillon intermédiaire efficace entre le chercheur et l’industrie. Malgré les tentatives et initiatives engagées,
le travail demeure insuffisant et fragmentaire.6

Les obstacles administratifs ont également été largement évoqués, notamment la lourdeur et la lenteur des procédures, qui constituent un frein majeur à l’activité de recherche. À cela s’ajoutent un manque de motivation, l’existence de centres de recherche dépourvus de laboratoires fonctionnels et l’absence de structures de recherche adéquates.

Les doctorants ont, quant à eux, exprimé avec force les difficultés rencontrées dans la conduite de leurs travaux. Plusieurs ont témoigné des délais excessivement longs pour l’obtention de commandes de matériel ou d’équipements, pouvant dépasser une année. Dans certains cas, le matériel reçu s’avère obsolète, inadapté, voire inexistant au moment où il est livré, ce qui entrave sérieusement l’avancement et la finalisation des recherches.

Les résultats de l’événement
En définitive, cette session de dissémination du projet DIRASA a permis de mettre en lumière à la fois les acquis du projet et les défis structurels persistants de la recherche scientifique en Tunisie.
Les échanges ont révélé un besoin urgent de repenser les modèles adoptés, de renforcer le lien entre recherche et économie, d’alléger les contraintes administratives et de mettre en place une véritable politique de valorisation, afin que la recherche puisse pleinement répondre aux attentes des chercheurs et contribuer efficacement au développement national.

Conclusion

En conclusion, il a été souligné la nécessité d’orienter les efforts vers la valorisation de la recherche pour le marché national, en renforçant les collaborations avec les entreprises locales et en facilitant le transfert technologique et l’innovation appliquée.

Il est également recommandé de réduire le gap entre la recherche et le tissu économique, d’alléger les procédures administratives et de tirer parti de la numérisation et de l’intelligence artificielle pour rendre les services administratives et de soutien plus accessibles et plus proches des acteurs nationaux.

Enfin, l’accent doit être mis sur l’impact concret et durable des projets sur le développement économique et social du pays.